PLURIELS CROISES

Violences Basées sur le genre, qu’est-ce que c’est ?

Prévention des VBG: tout le monde concerné

L’article 1er de la Déclaration sur l’élimination des violences faites aux femmes, repris par la Charte Africaine définit les violences faites aux femmes comme « Tous actes perpétrés contre les femmes causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques, y compris la menace d’entreprendre de tels actes, l’imposition des restrictions ou la privation arbitraire des libertés fondamentales, que ce soit dans la vie privée ou dans la vie publique, en temps de paix, en situation de conflit ou de guerre ».

Les VBG sont des actes de violences basées sur des différences socialement attribuées et les inégalités de pouvoir entre les hommes et les femmes. Cela comprend les actes qui infligent des préjudices ou des souffrances physiques, sexuelles ou mentales, les menaces de tels actes, ou privations de libertés.

Les procédures opérationnelles standards élaborées par les autorités camerounaises retiennent six types de VBG à savoir :

  • viol,
  • agression sexuelle,
  • agression physique,
  • mariage forcé,
  • déni de ressources, d’opportunités ou de services,
  • violences psychologiques/ émotionnelles.

Formes et types de VBG

  • Les VBG sont majoritairement commis contre les filles/femmes mais peuvent aussi être faites contre les garçons/hommes, particulièrement lorsqu’ils ne se comportent pas selon les normes de masculinité établis par la société, quand ils les contestent ou n’y adhèrent pas ;
  • La VBG ne se réfère pas seulement à la violence faite aux femmes et aux filles. Elle peut concerner les hommes et les garçons ;
  • Le concept violence basée sur le genre regroupe tous les actes infligés à une personne contre son gré, fondée sur les différences sociales entre hommes et femmes ;
  • La violence basée sur le genre comporte un abus de pouvoir, ce qui fait que pour comprendre les risques de VBG et les vulnérabilités, il convient de bien appréhender la dynamique du pouvoir au sein des communautés, de bien comprendre et analyser les relations de pouvoir entre hommes et femmes ;
  • L’auteur de VBG fait recours à tout type de force, de contrainte ou de pression. La violence couvre toute forme d’abus, de contrainte ou de pression physique, psychologique, sociale ou économique. Elle peut être ouverte (agression ou menace avec une arme) ou plus insidieuse (intimidation, menaces ou autres formes de pression psychologique ou sociale) ;

Il y a usage de force lorsqu’un individu est contraint à faire quelque chose par la pression, la nécessité, ou par tout moyen physique, moral ou intellectuel

Les VBG au Cameroun

Au Cameroun, une femme sur trois est victime de VBG au cours de sa vie et la majorité des agressions se font entre conjoints.

Au-delà des souffrances qui subissent les victimes et leurs familles, on estime que la perte de productivité due à la violence domestique varie de 1,2 à 3,7% du PIB, soit environ le montant que la plupart des gouvernements consacrent à l’enseignement primaire dans les pays en développement.

  • La stigmatisation est une violence consistant au rejet d’un comportement considéré comme non conforme aux normes culturelles ;
  • Bien souvent, la violence résulte d’un abus ou usage excessif ou injuste du pouvoir. Elle constitue une entrave à la liberté de décision d’un individu, en l’obligeant à agir contre son gré ;
  • La contrainte consiste à forcer, ou essayer de forcer un individu à adopter des comportements contraires à sa volonté par la menace, l’insistance verbale, la manipulation, la tromperie, les pressions culturelles ou le pouvoir économique ;
  • On peut ajouter les violences civiques (confiscation de pièces officielles par exemple) et des violences culturelles (les rites de veuvage par exemple).