Dans sa vision de développement, le Cameroun a identifié quatre défis essentiels à relever parmi lesquels, celui de la croissance économique et de l’emploi et celui d’ordre sociodémographique. En ce qui concerne le défi de la croissance économique et de l’emploi, le pays s’est proposé de restructurer son tissu économique pour construire une croissance forte et équitablement répartie dans les emplois. Parlant du défi sociodémographique, il s’agit de faire de la population du Cameroun un facteur moteur de son développement à travers une croissance démographique maîtrisée, la formation du capital humain et l’allongement de l’espérance de vie.
Pour juguler le premier défi suscité, une politique ambitieuse des grands travaux d’infrastructures a été mise en œuvre dont les projets de premiers sont soit achevés, soit en cours d’achèvement, soit en cours de réalisation, comme c’est le cas du projet routier de la transafricaine Gabon-Guinée-Equatoriale-Cameroun-Tchad, tronçon Batschenga-Ntui-Yoko-Ngaoundéré. Le projet de construction de la première phase, Batschenga-Ntui-Yoko-Lena a été élaboré avec les populations et est aujourd’hui en cours de réalisation sur le terrain tant sur le plan infrastructurel que social et environnemental.
Sur le plan social, plusieurs activités ont été prévues en faveur des couches vulnérables, femmes et enfants, notamment. Cependant, un volet semble n’avoir pas suffisamment l’attention des planificateurs, à savoir les personnes handicapées. Ce qui pousse à tendre vers le second défi énoncé plus haut.
Pour ce qui du défi sociodémographique, l’on peut relever que dans l’étude d’impact environnemental du projet, il a été révélé que le projet modifierait substantiellement l’environnement physique, le tissu socioculturel des zones du projet et les environs. A titre d’illustration, les flux des personnes, des marchandises et des automobiles seront plus élevés ; les nouvelles infrastructures seront érigées, à savoir les routes, les ouvrages d’art, les bâtiments publics et privés. Il faut noter qu’en marge de ce projet routier, les travaux de construction et de gestion du barrage hydroélectrique de Nachtigal seront réalisés. Par ailleurs, les grands travaux d’infrastructures comme les routes et les barrages avant pendant et après leur exécution peuvent entraîner de nombreux accidents tant pour les populations saines que pour celles vivant avec un handicap. Sur un tout autre plan, la zone du projet est fortement endémique à l’onchocercose et aux autres affections cécitantes du fait du passage de la Sanaga, fleuve aux très nombreux rapides qui favorisent le développement de la simulie, vecteur par excellence de l’onchocercose et de la cécité des rivières.
Tout ceci impose un changement de comportement et une nécessité d’adaptation qui passent, pour les personnes handicapées, par l’IEC/CCC, la rééducation fonctionnelle, l’usage d’appareils, l’insertion socioéconomique et socioprofessionnelle en vue de réduire leur pénibilité et le risque élevé de leur paupérisation.
Ce double défi identifié dans la zone du projet appelle la mise en œuvre d’actions spécifiques en vue d’accompagner son développement par une approche plus inclusive. C’est le sens du projet de promotion et de protection des personnes handicapées que Pluriels Croisés se propose de mener à Batschenga, Ntui et Yoko au cours des douze (12) prochains mois. Il s’agira principalement de mener des activités de prévention primaire, secondaire et tertiaire.
Contribuer à réduire l’impact social, sanitaire et financier des travaux du tronçon routier sur les personnes handicapées.
Au plan social :
Au plan sanitaire
Au plan socioéconomique et socioprofessionnel
La phase initiale du Projet Pilote de Promotion et de Protection des personnes handicapées en contexte de grands Travaux d’Infrastructures (5PH-TI) couvre les localités situées tout au long du projet routier Batschenga – Ntui – Yoko – Lena, pour une période d’un an.